Paquets, trames et adresses
« Paquet », « trame », « datagramme », « segment » : quatre mots pour « morceau de données + en-tête », un par couche.
Prérequis : cours 1.1.
Pourquoi
« Paquet », « trame », « datagramme », « segment » : quatre mots pour « morceau de données + en-tête », un par couche. Les confondre, c'est mal lire les outils (tcpdump parle trames, ss parle sockets).
Concepts
- Trame (couche 2) : données + adresses MAC (identifiant physique de la carte réseau,
aa:bb:cc:dd:ee:ff). Valable uniquement sur le réseau local. - Paquet (couche 3) : + adresses IP source/destination. Routable dans le monde entier.
- Segment (TCP) / datagramme (UDP) : couche 4, + ports source/destination.
- MTU (Maximum Transmission Unit) : taille max d'un paquet sur un lien (1500 octets en Ethernet classique). Trop gros = fragmentation (découpé, reassemblé — coûteux et fragile).
Exemple : lire une ligne tcpdump
IP 192.168.1.20.54321 > 93.184.216.34.443: Flags [S], seq 0, length 0
Traduction : paquet IP depuis .20, port 54321, vers 93.184.216.34, port 443 (HTTPS), avec le flag SYN (demande de connexion — voir chapitre 6). Chaque segment de cette phrase correspond à une couche.
Cas réel
VPN qui « passe mal les gros fichiers » : MTU trop grande sur le tunnel, fragmentation + perte = débits effondrés. Baisser la MTU (ex. 1400) et tout rentre dans l'ordre — diagnostic impossible sans savoir ce qu'est un paquet.
Pièges
- Adresse MAC ≠ adresse IP : la MAC identifie la carte en local, l'IP route globalement. Confondre les deux fausse tout diagnostic ARP/DHCP.
- Fragmentation invisible : ça marche « presque », avec des lenteurs aléatoires — penser MTU.
- Croire que
pingteste « le réseau » entier : il ne teste que l'IP (couche 3), pas les ports ni le DNS.
À retenir
Trame = local/MAC, paquet = IP routable, segment = ports ; MTU 1500 par défaut, fragmentation = suspect n°1 des lenteurs bizarres.